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Théophile Kisalu, un doyen venu d’ailleurs

C'est une première dans notre diocèse : un prêtre d'origine africaine est désormais doyen du Pays d'Ath (anciennement région pastorale d'Ath).

Theophile Kisalu 2Avec le départ de Benoît Lobet pour Bruxelles, nombreux étaient ceux qui se demandaient qui lui succèderait comme curé d'Enghien-Silly et comme doyen du Pays d'Ath. Ce sera l'abbé Théophile Kisalu, actuel curé des Prieurés et prêtre du diocèse de Kikwit (RDC).

« Je viens de Kikwit, en République Démocratique du Congo, où j'ai fait toute ma scolarité, de l'école primaire au grand séminaire. J'ai d'abord travaillé comme prêtre enseignant et ensuite dans les unités de production1 de mon diocèse, en m'occupant de l'accompagnement des animateurs en pastorale. C'est cette expérience pastorale qui a permis d'ouvrir des perspectives pour moi, notamment de faire des études à Louvain-la-Neuve. »

Axé vers l'animation et la formation

Arrivé en Belgique en 2004 pour faire une spécialisation en théologie pastorale, en mettant l'accent sur la formation, il n'a depuis plus quitté notre pays, sauf pour quelques congés au pays. Après ses études, il est devenu vicaire dans l'UP de Jumet (aujourd'hui UP Sainte-Marie-Madeleine) durant l'année pastorale 2007-2008 avant d'arriver dans l'UP des Prieurés en 2013. « J'ai toujours pensé que l'expérience pastorale que je faisais en Belgique servirait à alimenter et à concrétiser certaines théories apprises à l'université, mais le temps passant, je me suis retrouvé responsable d'unité pastorale dans les Prieurés et me voici sept ans après nommé au pays d'Ath, avec résidence à Enghien. »

« Très sincèrement, je me considère comme un animateur, au sens de quelqu'un qui apporte un peu de son souffle dans ce qui se fait. Je peux apporter ce souffle dans différents domaines, par exemple sur le plan de la formation – c'est un peu l'un des domaines pour lesquels j'ai assez d'outils – mais une formation qui vise un savoir-être au fond de la personne. Et pour cela, je pense qu'il faut travailler dans le sens d'insuffler des dynamiques pour que les personnes qui participent soient capables d'aller de l'avant avec ou sans votre présence. »

Une nomination surprise

Sa nomination a été reçue comme une grande surprise : « Le jour où [cette mission] m'a été proposée par le vicaire général, nous venions de parler de tout à fait autre chose. Et c'est au moment de partir qu'il m'a posé la question. Honnêtement, j'ai dit non, que je ne pensais pas que ce serait une bonne chose. J'ai eu peur, en fait. Avec ce que nous avions lancé dans les Prieurés, avec les équipes que nous venions de mettre en place, cela risquait d'être comme une cassure. »

Theophile Kisalu 3

A la demande du vicaire général, il y a réfléchi pendant quelques jours avant de finalement accepter : « Je lui ai dit : "Si vous pensez que je fais partie de la solution au problème, alors j'accepte". Je lui ai donné comme condition de venir lui-même expliquer, notamment à l'EAP. Nous avons convoqué une réunion de l'EAP et il est venu expliquer les choses très clairement, très simplement. Cela a permis à beaucoup de comprendre que ce n'était pas par fantaisie ou parce qu'on aimait pas les Prieurés mais que c'était un besoin d'Eglise. »

Un nouveau défi à relever

« C'est un nouveau défi », ajoute-t-il. « Il y a une espèce d'appréhension mais pas de panique. C'est une réalité inconnue, réalité du milieu qu'on ne connaît pas et qu'on doit découvrir. On doit apprendre à connaître les gens, les nouvelles réalités pastorales avant d'essayer de porter l'un ou l'autre projet pour dynamiser ce qui peut l'être ou poursuivre ce qui a été commencé. Je ressens aussi beaucoup d'enthousiasme. C'est un beau défi à relever. »

Sa première action comme doyen ? Apprendre à se repérer dans le Pays d'Ath, savoir où se trouvent les clochers et les personnes-ressources. Il l'admet en effet lui-même, sa connaissance de son nouveau doyenné est assez sommaire : « Je ne connais pas du tout le Pays d'Ath. Je suis allé deux fois à Ath même, pour assister à la messe chrismale en 2019 puis pour rendre visite à la communauté des sœurs salésiennes de la Visitation. Il y a aussi une communauté dans mon diocèse, à Kikwit, et lors de notre récent séjour sur place avec Mgr Harpigny nous avions été accueillis par cette communauté. Lorsque ces sœurs sont passées par ici pour leur chapitre général, je suis allé les saluer et les remercier de leur accueil. »

Merci au Seigneur

Pour son départ, il n'y aura pas une célébration mais trois, une pour chaque commune que comprend l'unité pastorale des Prieurés (Manage, Seneffe et Chapelle-lez-Herlaimont). « Pour moi, ce sont des célébrations d'actions de grâce. Je remercie le Seigneur pour le bout de chemin qu'on a fait ensemble, pour les découvertes, les enrichissements. C'est l'occasion aussi de dire « Il y a des choses qui n'ont pas marché comme on l'aurait voulu » et de se pardonner mutuellement là où les gens ont été blessés pour une raison ou une autre. »

Son installation officielle comme curé-doyen est prévue le 18 octobre prochain. A ses futurs paroissiens, il envoie ce message : « Merci beaucoup pour l'accueil. J'ai déjà reçu beaucoup de marques de sympathie. Je compte sur vous pour qu'ensemble nous puissions faire partie de cette communauté fraternelle qu'est l'Eglise dans le monde d'aujourd'hui. »

Marie Lebailly

Voir aussi

Daniel Procureur, de Tournai à Charleroi


 

1 Une unité de production exerce une activité économique sous le contrôle et la responsabilité d'une unité institutionnelle, qui combine des ressources - main-d'oeuvre, capital, biens et services - pour fabriquer des biens ou fournir des services. Source : Nations unies, "Système de comptabilité nationale (SCN) 1993", Nations unies, New York, 1993. Ici, la responsabilité institutionnelle est celle du diocèse.